Bon, faut que ça sorte, je me décide à clapoter sur mon blog.
J'ai cette sensation de trahison quand je pose mes doigts sur le clavier ce soir.
Mais je ne devrais pas, je suis atteint comme tout le monde dans mon village, et comme tout le monde il faut que j'essaie de penser à autre chose.
Article exhutoire, article hommage.
Pascal, mon copain d'enfance, lui que j'ai toujours vu souriant, capable, et téméraire.
Pascal, jeune homme de 21 ans, sourd, qui faisait tout pour qu'on ne voie pas son handicap (personnellement, il n'en avait pas besoin).
Pascal mon pote d'enfance qui a mit fin à ses jour dimanche dernier....
J'en reviens toujours pas, j'en dors pas, j'en pleure tout le temps.
Quand on apprend ça, par sms, d'un autre de ses proches, on ne veut pas le croire, pendant un quart de seconde, car de suite on se ressaisit, on se dit que ça ne peut pas être une blague tellement c'est horrible.
Puis on l'annonce à ceux qui sont autour, on les voit pleurer, appeler d'autres proches de pascal, qui lui confirment le moment et le moyen du suicide.
Et là le monde s'écroule, on voit nos proches pleurer de plus belle, en pleine crise d'hystterie, on n'arrive plus à allumer la clope tellement les levres et les mains tremblent, on sent les larmes couler le long du visage, et on pense à Pascal. Ce mec a qui on a parlé quelques jours auparavant, avec qui on a rigolé. On commence à se demander "pourquoi?" et on culpabilise...
On culpabilise parce qu'on pense qu'on aurait pu être là pour lui, et en même temps on se dit qu'on verra tous les faux culs qui se sont moqué de lui, à son enterrement. On culpabilise et on est en colère.
On pense ensuite à ses parents,et là on se sent con, petit, et inutile. Mais on se rappelle de certaines paroles qu'il avait dit.
On se souvient qu'on était un ami pour lui.
On se souvient, du moins on s'efforce de se souvenir de son visage souriant, on se souvient de sa gentillesse, de sa bonté, de sa joie, et de sa générosité.
Et on croit encore moins à ce qu'il vient de se passer.
Quand on nous explique sa derniere journée, on est forcé d'admettre qu'il n'a pas laissé de place au hasard, et que dans un de ses moments insupportables il a oublié ce pourquoi il était aimé de tous, il a oublié qu'il n'était pas seul.
Puis on en veut à ceux qui ne l'ont pas accepté au niveau professionnel.
Bref.
On passe par tous les états, car pascal était un ami d'enfance, et on le pleure, parce qu'on a l'impression qu'on a pas pu l'aider....
Mais c'est faux il était hermétique à nos sentiments, à nos aides, c'était sa maladie, que l'on a partagé, à plus faible dose (et là on se dit qu'on a eu de la chance, et on culpabilise encore plus)...
Il se sentait trop mal, et il ne se sentait pas bien dans ce monde, même si on l'en aurait empêché il aurait retenté plus tard.
IL était mon ami, il suffrait et il a eu la force de nous le cacher à tous. Il a eu un désespoir si fort qu'il a fait abstraction de tout ce qui était bon autour de lui, pour lui.
Je lui en veux d'avoir fait ça, parce que je ne comprends pas, et je m'en veux de lui en vouloir....
Putain de destinée pourrave. Il me manque.
Je l'aimais ce mec, c'était une des icônes de bons en chablais, et tout ce qu'on faisait avec lui, et ce qu'il faisait pour lui et avec nous, ça n'a pas suffit à lui faire sortir la tête de l'eau.
Un ami s'est donné la mort, pensant qu'il était seul au monde. Et ça, c'est le truc le plus horrible auquel il m'ait été donné de penser ces 22 dernières années.
Je sais pas si j'arriverai à supporter de voir son cercueil et tout bons en chablais pleurer pour lui à son enterrement (mercredi 5 fevrier).
Je sais pas si j'arriverai à ne plus pleurer, à faire avec...
Tout ce que je sais, c'est qu'il n'a pas assez eu foi en lui, ni en sa religion, et encore moins en son entourage....
Il était dépressif et handicapé, rabaissé par certains qui se sentent cons maintenant; ignoré par d'autres qui ne voulaient pas d'un employé handicapé, parce que c'est mauvais pour les affaires. Comment voulez vous qu'il voie les gens qui l'aiment?
Il s'est suicidé...
... Et putain, je refuse de le croire.
Pascal, tu vas me manquer.
T'étais quelqu'un de bien que j'estimais et adorais de tout mon coeur.
Pourquoi t'as fait ça?